
Surpêche européenne : les quotas 2025 révèlent un défi persistant
En bref : 52 % des volumes de poissons débarqués en 2024 proviennent de populations ‘non surpêchées’, mais avec des variations importantes selon les territoires, révèle le bilan 2025 de l’Ifremer. Une situation contrastée qui souligne la complexité de la gestion des stocks halieutiques européens.
Les quotas de pêche fixés pour l’année 2024 dans les règlements européens sont réduits en appliquant les déductions sur les autres stocks prévues, pour les stocks ayant fait l’objet d’une surpêche. Cette mesure corrective illustre les défis persistants de la régulation. Parallèlement, 39 % des volumes de poissons débarqués proviennent de populations dont le recrutement est en baisse et seulement 8 % proviennent de populations dont le recrutement est en hausse, un constat plus dégradé qu’en 2024.
Le défi de la pêche INN (illégale, non déclarée et non réglementée) demeure majeur. On estime qu’un poisson pêché sur cinq proviendrait de la pêche illégale, selon le WWF. Cette pratique compromet l’efficacité des quotas de pêche et rend difficile l’évaluation réelle de l’état des stocks. Le label MSC, censé certifier une pêche durable, fait l’objet de critiques croissantes : la pêche industrielle à fort impact représente en effet 83% des volumes certifiés par le MSC entre 2009 et 2017.
Face à l’épuisement des ressources, des mesures restrictives se renforcent. Sur les 54 espèces d’eaux profondes incluses dans la proposition de la Commission, selon le CIEM : 21 espèces sont considérées comme épuisées ou en risque d’épuisement. Le chalutage profond, particulièrement destructeur, fait l’objet d’une interdiction progressive : L’Union européenne interdit depuis 2016 le chalutage en-dessous de 800 mètres, et la Grèce va devenir le premier pays en Europe à l’interdire dans les parcs marins nationaux d’ici à 2026.
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